D’après une histoire vraie – Delphine de Vigan #rentréelittéraire2015

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Quatrième de couverture :

« Tu sais parfois, je me demande s’il n’y a pas quelqu’un qui prend possession de toi. »

Mon avis :

Nous sommes je pense tous d’accord, on peut difficilement faire plus succinct comme quatrième de couverture. Mais en l’occurrence j’adore cela, car ça me permet d’en dire plus et surtout, ça intrigue la lectrice curieuse que je suis !

Pour faire assez bref également et ne pas trop en révéler, Delphine vient de terminer l’écriture de son livre à succès, Rien ne s’oppose à la nuit (que je vous recommande d’ailleurs avec enthousiasme) – le roman n’est pas cité mais on devine rapidement duquel il s’agit -, et est la première surprise de ce succès. Elle ne sait pas trop comment se positionner face à ce succès aussi rapide qu’intense, et sait encore moins comment pouvoir écrire à nouveau. C’est à cette période qu’elle rencontre L. Femme sure d’elle, mystérieuse, toujours attentive au bien être de Delphine, L. s’impose rapidement dans sa vie. Et plus cette amitié se développe, moins Delphine se sent capable de renouer avec l’écriture. L’angoisse de la page blanche à son paroxysme. Si Delphine la narratrice, avec tout le recul dont elle dispose, fait très rapidement le lien entre cette panne d’écriture et l’emprise de L. sur la vie de Delphine l’héroïne du roman, cette dernière est au contraire totalement aveuglée.

J’ai mis beaucoup de temps à lire ce roman (fait assez étonnant car je peux dévorer assez vite), comme si j’avais voulu le faire durer. Peut être parce qu’il est très bien écrit. Peut être parce qu’il est intriguant, angoissant. Peut être parce que l’on devine un peu la fin dès le début, sans toutefois vouloir s’en persuader.

Delphine de Vigan, qui ne m’a encore jamais déçue n’a de nouveau pas failli aux espoirs que je mettais dans son roman. Cette Histoire vraie est fascinante car justement elle s’interroge sur le vrai. Sans cesse. Qu’attend donc le lecteur ? Attend il une fiction ? Où ne veut il que du réel, du palpable, du vérifiable ? Cette héroïne qui ressemble fort à son auteur la représente-elle vraiment ? Nous raconte elle un réel passage à vide ? Qui est L. ?

Petit SPOILER plus bas : à ne pas lire si vous n’avez pas lu le livre, juste une invitation au débat si vous le désirez !

Bref, un très beau livre, envoûtant, avec beaucoup de style. Un prix Renaudot bien mérité !

SPOILER : j’ai lu dans un article de « les lectures du mouton » (http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2015/09/27/32691245.html) que pour elle L serait « Lucile », la mère bipolaire de l’auteur, comme un hommage à cette dernière mais également une crainte d’être atteinte du même mal. Delphine serait schizophrène et hantée par sa mère.

Je trouve cette théorie vraiment très intéressante et la partage tant concernant l’identité de L que la schizophrénie possible de l’héroïne. Pour ma part, je verrais bien L comme Lucile, la Lucile du roman, celui qui a apporté tant de succès mais également tant de peur de se remettre à écrire, cette peur de ne jamais être capable de faire aussi bien … et finalement cette peur qui permet d’écrire cette Histoire vraie. Histoire que L savait Delphine capable d’écrire car elle en est tout simplement l’essence. La boucle est bouclée…

N’hésitez pas à me dire ce que je vous en pensez et si vous partagez (ou non !) ce point de vue !

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VIngt-quatre heures de la vie d’une femme – Stefan Zweig

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Quatrième de couverture :

Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d’Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un des clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée…

Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue d’une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliqueras quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez la fugitive.

Ce récit d’une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l’auteur d’Amok et du Joueur d’échecs, est une de ses plus incontestables réussites.

Mon avis :

Quand Mme Henriette s’enfuit de la pension dans laquelle elle résidait aux cotés de son mari et de ses deux enfants, et que la raison de sa fuite, un jeune homme de passage, devient évidente, les langues et les esprits s’enflamment. Chacun a une opinion tranchée sur ce comportement jugé globalement inadmissible. Le narrateur est le seul à la défendre, au nom d’un amour qu’on ne peut juger ni comprendre. Mme C, vieille dame anglaise habituellement discrète, sort de sa réserve et décide de se confier au narrateur. La fougue avec laquelle il a défendu Mme Henriette l’a touchée, et elle sent en lui un homme sensible qui saura entendre son histoire sans la juger.

Le roman, tout comme sa temporalité, est très court, intense. Stefan Zweig y décrit une passion courte, bouleversante, qui impacte considérablement la vie de Mme C.

J’ai bien aimé ce roman, Stefan Zweig a une très belle plume, c’est indéniable. C’est un classique et il serait vraiment dommage de ne pas prendre le temps de s’y plonger. Pour autant j’avoue que ce n’est pas non plus mon classique préféré, j’ai été beaucoup plus touchée par des romans comme l’Assommoir de Zola par exemple.

Je pense que ce qui m’a le plus plu, c’est l’affirmation par l’auteur du droit des femmes à ressentir une passion qui viendrait révolutionner leurs univers raisonnables et mesurés, du droit des femmes à s’émanciper, à faire leurs propres choix, leurs propres erreurs aussi, sans pour autant être jugées. Je crois vraiment que cette prise de position m’a plus touchée que l’histoire en elle-même.

Chroniques de la débrouille – Titiou Lecoq

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Quatrième de couverture :

Comment survivre à une rupture amoureuse ? Comment s’insérer dans une société qui, clairement, n’attend pas les bras ouverts un bac+5 de sémiologie? En adoptant une technique de survie simple : la débrouille. Dans ce journal de bord hilarant se dessine la vie d’une jeune femme d’aujourd’hui, trentenaire, qui passe sa vie entre les boulots, les cartons, ses amis précieux et les histoires ratées. Incapable de survivre sans télé ni ordi, elle doit aussi faire face aux nouveau rapports hommes-femmes : on discute, on boit, on couche. Le lendemain on se réveille et on réfléchit. On ne badine pas avec l’amour, ni avec le porno. Un beau jour un enfant naît, et on découvre la vie à trois. Par le prise de son histoire personnelle romancée et librement adaptée de son blog. Titiou Lecoq raconte sans ambages le quotidien de toute une génération.

Mon avis:

J’ai beaucoup aimé cette lecture, fluide, légère, qui donne envie de continuer à piocher dans ces courts articles (car oui, plutôt que des chapitres, l’auteur a opté pour un format un peu « blog »). J’ai pas mal ri, et apprécié passé d’un sujet à l’autre, toujours drôles, jamais ennuyeux.

C’est un ouvrage peu conformiste, brut de décoffrage, et même si en général je n’apprécie pas trop le style « parlé » dans mes lectures, il se prête ici parfaitement au format d’écriture et passe très très bien !

Je me suis personnellement retrouvée dans ce portrait générationnel qui aborde toutes les problématiques qui, si elles ne me concernent pas directement, concernent quasi systématiquement des personnes de mon entourage. Relations hommes-femmes (qui prennent quand même un certain nombre d’articles), engagement, grossesse, cumul de jobs parfois bien foireux (pensée émue pour mes distributions passées de flyers sous la pluie…), relations de travail … en somme la découverte de la vie d’adulte, dans toute sa splendeur, le tout assaisonné d’une bonne dose d’humour.

J’avais bien aimé Les morues, j’ai nettement préféré Chroniques de la débrouille.

La vengeance aux yeux noirs – Lisa Gardner

la vengeance aux yeux noirs

Quatrième de couverture :

Contrainte de démissionner de son poste de shérif-adjoint de Baskerville dans l’Oregon, Lorraine Conner – Rainie – a ouvert à Portland un cabinet d’enquêtes privé.

Quand Pierce Quincy, l’un des meilleurs profilers du FBI vient la trouver, Rainie a du mal à imaginer qu’il a vraiment besoin de son aide. La fille aînée de Pierce, Amanda, vient de mourir. Un an plus tôt, elle a provoqué un accident de la route qui l’a laissée inconsciente, le cerveau gravement endommagé.

Quincy a des doutes sur les causes de l’accident et refuse que l’affaire soit classée. Son intuition ne tarde pas à se confirmer. A peine Rainie a-t-elle pris l’affaire en main que quelqu’un se fait passer pour Quincy, s’en prend à ses proches et tente de faire retomber sur lui les soupçons. Pour celui qui a juré la perte du profiler, la vengeance n’est pas un plat qui se mange froid, mais glacé…

Mon avis :

Tout d’abord, j’ai été surprise par le quatrième de couverture qui, je trouve, en révèle déjà beaucoup sur l’histoire. Je préfère quand ils sont brefs et incisifs, qu’ils donnent envie d’en savoir plus sans que l’on sache vraiment pourquoi.

Inutile donc que je tente de vous en dire un peu plus sur l’histoire, nous sommes sur du polar, et si j’en dis plus je risquerais d’en dire trop.

Un point important toutefois : ça n’est pas nécessairement le premier à lire de la série de livres mettant en scène Raine Conner et Pierce Quincy, mais c’est définitivement le deuxième (le premier étant Tu ne m’échapperas pas). On en apprend beaucoup je trouve sur le lien entre Rainie et Quincy, et ce roman permet vraiment de mieux les comprendre dans les romans qui suivent. Pour ma part, c’est le dernier que j’ai lu, et même si du coup la fin de m’a pas surprise, j’ai beaucoup apprécié lire ce polar qui a tout de même réussi à me tenir en haleine. J’ai adoré en apprendre plus sur ce qui n’avait été qu’évoqué dans les romans suivants, et qui tout à coup prenait corps au fil de ma lecture.

Comme toujours avec Lisa Gardner, je prends beaucoup de plaisir à me laisser entraîner dans des enquêtes retors, en me demandant si je suis ou non sur la bonne piste. Dans la série Rainie/Quincy, c’est un indispensable.

Update du challenge d’été !

Bonjour à tous,

C’est une catastrophe, je ne sais pas m’en tenir à une liste définie de livres ! comme vous avez pu le voir, je passe mon temps à poster des articles … sur d’autres livres que ceux que j’ai mis dans mon challenge de l’été !

Bon j’ai déjà lu After saison 2 (mais du coup je les ai tous lus et je vous prépare une revue sur la saga à mon retour de vacances… car oui, enfin, ca y est des vacances !), la ville orpheline de V. Hislop, la Cité des Jarres et Alex (revue déjà disponible). Paper town est en cours, je commence enfin à accrocher. Mais j’ai eu une petite panne livresque, ce qui n’a pas aidé.

J’emporte évidemment quelques livres avec moi et espère vous donner bientôt envie de craquer sur un ou deux romans !

Bon week end !

Harper’s Island

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Une fois n’est pas coutume, je voulais aujourd’hui partager avec vous un coup de coeur que j’ai eu pour une série il y a quelques temps, « Harper’s island ». Les fans de polars et des Dix petits nègres d’Agatha Christie vont adorer !

Résumé :

Trish Wellington et Henry Dunn invitent leurs familles et leurs amis à célébrer leur union sur l’île d’Harper. Au premier abord, l’aventure semble plutôt sympathique. Seulement 7 ans plus tôt, un tueur en série du nom de Wakefield a sévi sur l’île, tuant notamment la mère d’Abby Mills, meilleure amie du marié.

Le séjour sur l’île se révèle tragique, les invités disparaissant les uns après les autres. Wakefield serait il de retour sur l’île ? Je ne vous en dis pas plus, car trop en dire gâche le plaisir !

Mon avis :

Cette série m’a beaucoup plu, tant par son format court (13 épisodes) que par l’enquête que le spectateur se plait à mener. Le mystère dure tout au long des épisodes, tout le monde est suspect, tout le monde peut devenir victime, c’est à la fois stressant et captivant. Bref, j’ai passé un excellent moment !

Petit conseil, regardez la série avec un(e) ami(e) comme un petit rituel. C’est ce que nous faisions avec ma colocataire à l’époque et c’était vraiment agréable de partager nos hypothèses à la fin de chaque épisode !

Ici la bande annonce en anglais (ça fait un peu film d’horreur mais en réalité le style est vraiment plus celui du thriller) :

L’instant précis où les destins s’entremêlent – Angélique Barbérat

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Quatrième de couverture : 

Une tâche rouge sur l’oreiller, juste sous les cheveux de sa maman, morte sous les coups de son mari. Voilà ce que le petit garçon a vu, à cinq ans … Pour survivre, Kyle se jette à cœur perdu dans la musique, que sa mère aimait tant. Vingt ans après, devenu leader d’un groupe de rock, il est célèbre dans le monde entier. Mais inapte au bonheur.

Coryn, elle, a grandi dans une banlieue sans charme. A dix-sept ans, elle tombe dans les bras de Jack Brannigan, qui fou amoureux l’épouse, mais, jaloux et violent, l’enferme dans une prison dorée. « Parce que tu m’appartiens … »

Comment ces deux êtres que tout semble séparer auraient-ils la moindre chance de s’aimer ? Pourtant, à l’instant précis où les destins s’entremêlent, chacun d’eux sait que sa vie ne sera plus jamais la même.

Mon avis :

Kyle et Coryn se rencontrent par hasard, par accident. Par accident ça n’est pas peu dire, car Kyle renverse un des enfants de Coryn en essayant de s’extraire d’un embouteillage. Plus de peur que de mal, et ce jour là que les destins de ces deux êtres, que tout oppose, s’entremêlent. Kyle détecte tout de suite chez cette magnifique jeune femme les signes qu’il n’avait pu détecter chez sa mère quand il était enfant, et se torture à l’idée de ne pouvoir la protéger. Coryn découvre l’espoir, se rappelle qu’elle est une personne qui a le droit de rêver, de faire ses propres choix, d’être heureuse.

Ce roman est très joli, poétique, et parfait pour l’été. Personnellement, ce que je recherche dans un roman d’été (mais les autres romans ont le droit d’avoir cette caractéristique aussi !) c’est une grande fluidité. Cette fluidité qui donne envie de tourner les pages sans s’arrêter et jusqu’au bout de la nuit. C’est clairement ce qui m’est arrivé, le roman a littéralement été dévoré en deux jours.

Il y a des événements un peu trop prévisibles, des facilitations de l’histoire vers la fin, des hasards qui sont tellement heureux qu’ils en deviennent improbables, mais on a envie d’y croire, et on achète ces fabuleuses coïncidences car c’est si bon de se laisser porter …