Cognac, tome 1 La part des démons – Chapuzet, Corbeyran et Brahy

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Quatrième de couverture :

C’est le burn-out pour la photographe de guerre Anna-Fanély Simon. Pour lui changer les idées, le rédacteur en chef d’un magazine international envoie la reporter en Charente, sa région natale, sur un sujet soft : le succès du cognac. Une fois sur place, Anna-Fanély apprend la mort dramatique de son amie d’enfance. Mais la version officielle expliquant cette disparition comporte trop d’incohérences à ses yeux.

Mon avis :

Je n’ai pas trop compris en quoi Anna-Fanély était en burn-out. Elle me parait bien dynamique et il n’en est fait mention nulle part. Pour autant, l’histoire, qui mêle découverte du cognac et de sa production (étant tout à fait ignorante en la matière cela m’intéresse beaucoup de la découvrir) et enquète, me plait beaucoup.

Le concept alcool/enquête me fait penser à la saga « Chateaux Bordeaux » (de Corbeyran et Espé) que je lis en parallèle et sur laquelle je ne vais pas tarder à écrire un article, et je l’apprécie beaucoup car j’ai le sentiment d’apprendre quelque chose en me faisant plaisir.

Les dessins sont très agréables (bien qu’à titre personnel je préfère ceux de Chateaux Bordeaux), et l’histoire dynamique. Un vrai page-turner. J’aime la personnalité fonceuse de l’héroïne, les personnalités des différents personnages que je devine plus complexes que l’on pourrait le croire au premier abord, et j’ai définitivement prévu de lire la suite qui promet d’être surprenante !

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Before (after), saison 1 – Anna Todd

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Quatrième de couverture :

Hardin tient un journal secret. Il y raconte son histoire, avant sa rencontre avec Tessa et pendant les semaines qui vont changer sa vie. Un journal où les filles de sa bande, Nathalie, Molly, Melissa et Steph, tiennent un rôle essentiel.

Ce journal lui permet d’évacuer sa colère et d’analyser ses sentiments. Nous y découvrons ses secrets, ses doutes, son âme… peut-être pas si noire qu’il y parait. Ce point de vue d’Hardin nous incitera-t-il à l’indulgence ?

Car la vie n’a pas épargné Hardin. Il a subi un traumatisme qu’un enfant ne devrait jamais vivre, sans l’amour de ses parents pour l’aider à le surmonter. La rage s’est emparée de lui et ne l’a plus quitté. Il est sombre, solitaire et ne se permet aucune émotion, hormis l’adrénaline de ses méfaits et le sexe. Il se fout de tout, surtout de lui-même.

Mon avis :

Soyons clairs, celui qui a écrit « Anna Todd est le plus important phénomène de sa génération » est soit fou, soit clairvoyant, mais dans le deuxième cas cela m’effraie un peu.

Cela peut paraître un peu dur, car après tout j’ai lu ce livre (en 2h30 de train) et que j’ai apprécié le lire. Mais je l’ai apprécié comme on aime grignoter du pop-corn au cinéma. C’est une consommation rapide et réconfortante sur le moment, mais qui est loin de marquer votre vie ! Pour moi, les romans comme After (que j’ai lu également et trouvé bien distrayant), ce sont de bonnes lectures pour la plage, le train … bref, faciles à lire, mais pas forcément bien écrits, assez assimilable au tube de l’été, qui ressemble à celui de l’année précédente mais que l’on aime bien écouter quand même.

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas After dont Before est le spin-off, le dérivé, il s’agit de l’histoire d’amour entre Hardin et Tessa, qui s’aiment et se déchirent pendant un bon millier de pages réparti en 5 tomes. Bon vieux cliché de la petite étudiante coincée en littérature anglaise qui tombe amoureuse du bad boy à l’accent British, aux blessures secrètes, mais lui aussi fan des Hauts de Hurlevent. Le tout mâtiné de scène de sexe pour rester dans la veine 50 shades, mais sans les menottes et le donjon. Pas transcendant, mais assez addictif car rythmé par une foule de petits rebondissements plus ou moins prévisibles.

Concernant le fond du roman, j’ai été un peu déçue car je m’attendais à ce que l’on se concentre plus sur la vie d’Hardin avant (BEFORE !) sa rencontre avec Tessa. Mais surprise, mis à part un chapitre par fille citée dans le quatrième de couverture en début de roman, nous n’avons pas eu le droit à une incursion plus poussée dans cette période de sa vie. C’est assez dommage car du coup j’ai eu l’impression de relire After. Ca n’est pas désagréable bien sûr, mais cela sent le phénomène commercial et le manque d’inspiration de la part de l’auteure. Dommage…

Comme j’aime la junk-littérature à mes heures perdues (comprendre : les mois d’hiver où il fait nuit tôt et un peu froid), je lirai certainement le deuxième tome de ce « before » en espérant qu’Anna Todd se reconcentre un peu sur le passé d’Hardin, mais j’ai comme un doute…

 

Le juge, la République assassinée, tome 1/3 – Olivier Berlion

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Quatrième de couverture :

Le 3 juillet 1975, le juge Renaud est abattu devant son domicile par des hommes cagoulés. Quarante ans plus tard, le mystère reste entier : six juges se sont succédé durant dix-huit ans d’instruction, des dizaines de témoins ont été interrogés, mais rien n’a jamais été trouvé et encore moins prouvé. La mort du juge lyonnais – premier magistrat de la Ve République à avoir été assassiné – restera à jamais l’une des grandes affaires de la seconde moitié du XXe siècle, mais surtout le symbole d’un échec honteux pour la justice française à laquelle ce magistrat hors norme a consacré sa vie.

Mon avis :

J’étais attirée depuis quelques temps par cette bande dessinée et j’ai eu le plaisir de me la faire offrir récemment.

Au niveau de l’histoire avec un petit h, je la trouve bien menée, bien qu’assez difficile à suivre dans la mesure où l’auteur présente les nombreux protagonistes et qu’il faut être bien concentré pour identifier les liens entre les personnages et leurs rôles respectifs. A moins que je sois juste peu futée !  Il m’est arrivé de relire certains passages pour bien être certaine d’avoir tout saisi. l’Histoire avec un grand H est indubitablement très forte, très prenante.

Pour autant, j’ai vite accroché, et relire certaines pages n’était pas gênant bien au contraire, car le dessin est très très beau. C’était un vrai plaisir de tourner les pages, autant pour l’histoire que pour ces belles illustrations.

J’ai hâte de lire les tomes à venir, car la personnalité du juge Renaud, homme atypique, haut en couleur et d’une grande intégrité, me fascine et me donne envie d’en savoir plus.

Pour donner l’eau à la bouche, quelques pages que j’ai pu trouver sur le net :

 

 

Le sourire des femmes – Nicolas Barreau

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Quatrième de couverture :

À Paris, un triste vendredi de novembre.

Aurélie, en plein chagrin d’amour, remarque dans une librairie un roman intitulé Le Sourire des femmes. En le feuilletant, stupeur ! : non seulement elle y découvre le nom du restaurant dont elle est propriétaire, mais, de plus, l’héroïne lui ressemble comme deux gouttes d’eau. La lecture passionnée de ce roman lui redonne goût à la vie.

Intriguée par tant de coïncidences, elle décide d’entrer en contact avec son auteur. Mais rencontrer le mystérieux Robert Miller par l’intermédiaire de son éditeur s’avère étrangement difficile…

Comédie romantique qui peint avec saveur un Paris pittoresque et gourmet, Le Sourire des femmes revisite le nouveau désordre amoureux non sans un soupçon de magie et un zeste d’enchantement.

Mon avis :

J’étais très intriguée par ce livre dont j’avais entendu parler sur la toile. Les critiques étaient globalement bonnes, et le trouvant chez un bouquiniste sur les quais de Saône, j’ai craqué.

Aurélie, passionnée de cuisine, tient un petit restaurant familial au cœur de Paris, et est amoureuse de Claude. Cet homme excentrique la quitte brutalement. Accablée de chagrin, elle erre dans Paris avant d’entrer finalement dans une librairie. Elle tombe sur un livre qui attire son attention, « le sourire des femmes ». Elle qui ne lisait que très peu, tombe instantanément sous le charme de ce livre, d’autant que l’héroïne du roman lui ressemble comme deux gouttes d’eau. A partir de ce moment, elle n’aura de cesse de chercher à entrer en contact avec le bel auteur de l’ouvrage, le mystérieux Robert Miller.

Malheureusement mon avis est assez mitigé. L’histoire est fraîche, fluide, agréable à lire, mais elle est également très prévisible selon moi, et pas d’une originalité folle. Je pense que ce qui m’a aussi manqué, ce sont des personnages peut être plus aboutis. En effet, ils manquent, selon moi, de profondeur.

Il s’agit d’une lecture légère pour les vacances, pour amateurs de comédies romantiques assez classiques. Elle aurait définitivement gagné à faire l’objet d’un mystère et d’un suspense plus soutenu.

Délivrances – Toni Morrison #rentréelittéraire2015

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Quatrième de couverture :

Dans son onzième roman, qui se déroule à l’époque actuelle, Toni Morrison décrit sans concession des personnages longtemps prisonniers de leurs souvenirs et de leurs traumatismes.

Au centre du récit, une jeune femme qui se fait appeler Bride. La noirceur de sa peau lui confère une beauté hors norme. Au fil des ans et des rencontres, elle connait doutes, succès et atermoiements. Mais une fois délivrée du mensonge – à autrui ou à elle-même – et du fardeau de l’humiliation, elle saura, comme les autres, se reconstruire et envisager l’avenir avec sérénité.

Mon avis :

Il s’agissait de mon premier roman de Toni Morrison. Je ne sais pas vraiment ce qui me faisait hésiter car son  talent est connu et reconnu. Après lecture de ce court roman, je comprends pourquoi …

Dans ce livre à plusieurs voix, le lecteur suit Bride (Lula Ann), sa difficulté à se remettre de sa rupture avec Booker, les démons qui la hantent depuis l’enfance. Le roman touche aussi du doigt la discrimination envers la communauté noire aux Etats-Unis, sans pour autant tomber dans le cliché. On est plus dans l’intégration par les personnages des préjugés contre lesquels ils doivent lutter, et dans le cas de Bride, de la manière dont elle tourne à son avantage ce qui, au départ, lui semblait être son plus grand défaut : sa couleur de peau.

C’est un roman sensible, rythmé, les personnages ont du corps. J’ai aimé découvrir Bride, mais aussi, après un certain temps, Booker. J’ai en effet trouvé très intéressant de me faire une idée de qui il pouvait être avant d’avoir « sa » vision des choses.

La seule chose que j’aie pu regretter, c’est une fin qui m’a parue extrêmement rapide après autant de profondeur. J’ai eu l’impression que tout se précipitait sans grande cohérence.

Mais de manière générale cette lecture m’a plu, et me donne bien envie de lire d’autres ouvrages de Toni Morrison. Je suis d’ailleurs ouverte à toute suggestion sur le sujet !

Jeu d’ombres – Ivan Zinberg

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Quatrième de couverture :

Une pelle, un jerrycan et, au centre de la clairière balisée par la scientifique, un corps calciné. Pour le légiste, aucun doute : s’il n’a été brûlé que récemment, le cadavre reposait sous terre depuis des années. Qu’est ce qui peut pousser un tueur à exhumer un cadavre caché en pleine forêt ? Pour l’inspecteur Lorenzo, de la criminelle de Portland, commence la traque d’un homme aux multiples identités.

Mon avis :

Ce roman nous a été conseillé, à ma mère et moi-même, par une lectrice visiblement très enthousiaste en voyant que nous cherchions un auteur de polar un peu nouveau.

Dans ce roman d’Ivan Zinberg, deux enquêtes se croisent et s’entremêlent. L’une dans l’Oregon où l’inspecteur Lorenzo cherche à savoir qui a bien pu brûler un cadavre des années après l’avoir enterré, et l’autre à l’université de Seattle où un professeur s’est fait assassiner. A Seattle, le capitaine John Fleming, aidé d’un hacker de génie, mène l’enquête tambour battant. A Portland, l’inspecteur Lorenzo, grand alcoolique, cherche à ne pas sombrer et enchaîne les erreurs tout en se raccrochant au mieux à son instinct de limier (qui n’est, heureusement pour lui, pas encore totalement embrumé).

La trame du polar est bien construite, le lecteur se laisse bien entraîner, et les rebondissements sont souvent surprenants. Ivan Zinberg ne révolutionne pas le genre, mais signe là un bon polar. J’ai particulièrement apprécié le soin qu’il met à donner vie à ses personnages principaux. Ainsi on ne se contente pas d’avoir quelques informations de base sur Lorenzo. Le personnage prend réellement corps, le narrateur analyse sa psychologie pour le lecteur, ce qui le rend plus vrai, plus sympathique, nous donne envie de l’accompagner dans sa quête. Des personnages forts comme Lorenzo permettent, à mon sens, de structurer le roman et de lui donner de la vie.

Un amour impossible – Christine Angot #rentréelittéraire2015

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Quatrième de couverture :

Pierre et Rachel vivent une liaison courte mais intense à  Châteauroux à la fin des années 1950. Pierre, érudit, issu d’une famille bourgeoise, fascine Rachel, employée à la sécurité sociale. Il refuse de l’épouser, mais ils font un enfant. L’amour maternel devient pour Rachel et Christine le socle d’une vie heureuse. Pierre voit sa fille épisodiquement. Des années plus tard, Rachel apprend qu’il la viole. Le choc est immense. Un sentiment de culpabilité s’immisce progressivement entre la mère et la fille.

Christine Angot entreprend ici de mettre à nu une relation des plus complexes, entre amour inconditionnel pour la mère et ressentiment, dépeignant sans concession une guerre sociale amoureuse et le parcours d’une femme, détruite par son péché originel : la passion vouée à l’homme qui aura finalement anéanti tous les repères qu’elle s’était construits.

Mon avis :

Par où commencer ? Bon, tout d’abord ce quatrième de couverture ça n’est juste pas possible. Autant celui du dernier roman de Delphine de Vigan était succinct et alléchant, autant celui-ci et dix mille fois trop long !! Non seulement ce quatrième de lecture en dit beaucoup trop, mais en plus il n’est, me semble-t-il, pas vraiment représentatif du livre de Christine Angot. Pour moi la thématique de l’inceste est certes bien présente dans le livre, mais elle n’est réellement développée qu’en toute fin de ce dernier. C’est justement ce qui fait un effet bombe dans ce livre. L’histoire suit tranquillement son cours jusqu’à la révélation. Rien ne laisserait penser à la lecture de l’ouvrage que Christine puisse être abusée par son père. C’est ce qui est terrifiant et choque le lecteur. Et pour le coup le quatrième de couverture vient gâcher cet effet, ce qui est vraiment dommage.

Un amour impossible c’est selon moi, avant tout, l’histoire d’une mère célibataire et de sa fille. De cette relation qui se construit à la fois en opposition contre le reste du monde avec la création de cette bulle dans laquelle l’une et l’autre s’épanouissent, mais également en lien avec ce père/amant, avec lequel elles cherchent toutes les deux à créer une relation. La mère de Christine cherche à faire de cet homme, à défaut de l’avoir pour compagnon, un véritable père pour sa fille. Et Christine cherche non seulement un père mais également un modèle qui lui permettrait de se comprendre elle-même.

Le viol de Christine Angot par son père, vient briser sa vie, mais également briser l’équilibre qui s’était construit entre la mère et sa fille. En effet, une chape de plomb s’abat sur elles et toute communication semble impossible. Je me doute qu’il s’agit d’un sujet extrêmement dur à évoquer et à développer, et Christine Angot fait preuve d’un grand courage en osant l’aborder. Toutefois, j’aurais aimé qu’elle approfondisse plus ce lien qui se brise entre la mère et la fille, cette difficulté à communiquer. A moins que je ne ressente cela uniquement parce que le quatrième de couverture me laissait penser que le roman serait plus centré sur cette thématique …

Bref, un bel ouvrage, qui aborde les thèmes de l’amour maternel, de l’adoration d’une enfant pour sa mère, de la lutte sociale, de l’inceste, avec beaucoup de justesse et de délicatesse.